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L’État prêt à livrer le secteur médico-social au privé par Pascal Ollivier, du Collectif "Sauvons le soin psychique !"

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L’État prêt à livrer le secteur médico-social au privé par Pascal Ollivier, du Collectif "Sauvons le soin psychique !"



Quelle place pour les personnes les plus fragiles ?

Dans cet entre-deux-tours des régionales, un thème a été absent des débats et des programmes  : "Quel accueil et quelle place pour les personnes les plus fragiles de notre société  ?" Et pourtant, notre président de la République ne s’est-il pas fait le héraut du modèle social français  ? La première secrétaire du PS n’a-t-elle pas décrit les régions comme des "boucliers sociaux"  ?

Le 15 mars, nous avons fêté le 44e anniversaire de la convention collective de 1966. Cette convention, comme le secteur qu’elle régit, est peu connue du grand public. Pourtant, elle concerne près de 250 000 professionnels (éducateurs, psychologues, assistants et travailleurs sociaux, psychiatres, psychomotriciens, personnels de service…). Mais surtout, plus d’un million d’enfants et d’adultes  : handicapés physiques, personnes malades mentales, enfance inadaptée, personnes âgées médicalement dépendantes, personnes en dérive sociale… Ils sont accueillis et soutenus dans des centres psychothérapeutiques, des centres d’aide par le travail, des foyers thérapeutiques… Il s’agit d’associations loi 1901 issues d’initiatives citoyennes  : parents, professionnels, religieux même, parfois.

Depuis plusieurs années, deux syndicats d’employeurs (Fegapei, Syneeas) veulent imposer une refonte de cette convention collective, en lien avec les orientations gouvernementales. Ils visent la libéralisation d’un secteur jusque-là subventionné par l’État et les collectivités locales. Sous couvert de "modernisation" et de "gestion rationnelle", ils programment la destruction pure et simple de notre domaine d’action et de nos pratiques professionnelles. La visée essentielle est d’obtenir un abaissement radical de la masse salariale (80 % de nos frais de fonctionnement).

Deux leviers pour y parvenir. Tout d’abord, le ravalement de la convention au droit du travail le plus strict, par la suppression des congés trimestriels, le salaire au mérite, la non-reprise de l’ancienneté, la dévalorisation du calcul de progression de carrière. Ensuite, la déqualification des personnels soignants et éducatifs. La France s’est toujours enorgueillie du niveau et de la formation de ces professionnels, validés par des diplômes d’État. C’est la garantie pour tout citoyen de son droit à l’égalité dans l’accès aux soins et à l’accompagnement social. C’est aujourd’hui remis en question. Pourtant, nos associations permettent déjà des économies extraordinaires, malheureusement jamais chiffrées.

L’État va-t-il se désengager en tant que financeur et valider un projet patronal qui trace la voie vers la marchandisation du social comme du soin psychique  ? Mise en concurrence des institutions, abaissement des coûts, recherche de la standardisation et de la brièveté dans les prises en charge… tout va dans ce sens  !

Certains pensent que notre secteur médico-social ne pourra jamais être rentable. À l’heure où des cliniques privées sous contrat avec des compagnies d’assurances font des profits grâce à l’accueil d’"addicts" de toute sorte  ? À l’heure où des prisons totalement privées font de la "gestion" du détenu un service rentable  ? Au prix de la déshumanisation, de la déqualification, tout devient possible. Depuis janvier 2009, des collectifs de salariés s’organisent. Du personnel de service jusqu’aux équipes de direction, le rejet de ce projet est massif. L’année passée a connu de fortes mobilisations qui ont permis un gel, bien temporaire, du projet patronal, ainsi que l’implication de l’État par l’instauration de commissions paritaires tripartites. Mais, à l’intérieur de ces commissions, les négociateurs des syndicats représentatifs des salariés ont en face d’eux non plus des dirigeants d’associations, mais des juristes et des gestionnaires ignorants de nos pratiques et de la souffrance sociale et psychique qu’elles traitent  !

Au prétexte de leur différence et de la faiblesse de leurs voix, certains citoyens sont-ils voués à un accueil au rabais indigne de notre pays  ? Sont-ils encore considérés comme des citoyens ou bien comme des objets marchands comme les autres ?

Article paru dans l’Humanité du 20 mars 2010

Le site du collectif "Sauvons le soin psychique !"



Article mis en ligne le 20 mars 2010 par Laurent

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