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Dialogue social : un agenda médiatique ne fait pas un agenda social

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Dialogue social : un agenda médiatique ne fait pas un agenda social



Hier, lundi 10 janvier, s’est tenue au siège du MEDEF la réunion paritaire destinée à établir l’agenda des prochaines négociations nationales interprofessionnelles entre le patronat et les syndicats.

Les 4 heures de discussions et les 2 interruptions de séance à la demande des organisations patronales aboutissent à un bien piètre résultat. Le texte finalisé est sans rapport avec les attentes sociales largement et massivement exprimées par les salariés, notamment dans les grèves et manifestations de l’automne dernier.

L’ouverture prioritaire d’une négociation sur l’emploi des jeunes est annoncée. Mais les demandes insistantes de la CGT pour que celles-ci portent également sur le volume de l’emploi et les plans de recrutement des entreprises ont été purement et simplement rejetées par le représentant du MEDEF. Il a également refusé que la négociation porte sur l’emploi des seniors, qualifiant le sujet de "complexe et délicat". Adieu donc les assurances que Laurence Parisot avait avancées durant la réforme des retraites, annonçant des progrès simultanés des taux d’activité des seniors et des jeunes !

Encore une fois, la question centrale et déterminante du partage des richesses créées dans les entreprises est laissée au bord de la route. En revanche, le patronat annonce « l’engagement d’une réflexion sur le financement de la protection sociale ». Il a rejeté la proposition de la CGT de lui associer une discussion sur la couverture des besoins par les systèmes de protection sociale, dont tout le monde constate la dégradation. Il a pris soin de situer cette réflexion dans le cadre de la délibération économique en cours, à laquelle la CGT a déjà refusé de s’associer. L’objectif est connu : inscrire dans le marbre les allègements de cotisations sociales, poursuivre le désengagement des entreprises et reporter le financement sur la fiscalité.

Le reste du calendrier porte sur le deuxième semestre 2011 et 2012. Il ne s’agit que d’effectuer les bilans des effets de quelques accords nationaux interprofessionnels antérieurs, ou d’entamer de vagues « délibérations sociales ». Aucune négociation véritable n’est programmée. Le bilan de l’accord sur « la modernisation du marché du travail » ne retient pas comme prioritaire la question des licenciements transactionnels et du contournement des droits collectifs sur les licenciements économiques. Si le patronat inclut dans ces délibérations la question de l’égalité femme/homme, il est plus que réticent à l’aborder sous l’angle de l’application effective dans les entreprises des dispositions légales et conventionnelles existantes. Le thème de l’emploi et de la « sécurisation des parcours professionnels » est certes cité, mais sous la forme d’une éventuelle délibération venant après le bilan de l’accord sur la modernisation du marché du travail, débat donc reporté en 2012…

Il s’agit donc d’un agenda médiatique bien plus que d’un agenda social. La délégation de la CGT l’a déclaré largement insatisfaisant. La CGT évaluera au cas par cas l’intérêt de participer aux délibérations annoncées.

En matière de réponse aux attentes sociales, la priorité est bien au prolongement des mobilisations de l’automne par le développement de la campagne salaires, emploi, protection sociale.



Article mis en ligne le 11 janvier 2011 par Laurent

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