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Inde : 30 ans après, les victimes de Bhopal attendent toujours justice et réparation

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Inde : 30 ans après, les victimes de Bhopal attendent toujours justice et réparation



A Bhopal, il y a 30 ans, dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984, l’explosion d’une usine de pesticide d’Union Carbide déclenchait ce qui reste une des plus grandes catastrophes industrielles de l’histoire provoquant la mort de 7 à 10.000 personnes. On ne connaît toujours pas précisément le nombre de victimes, l’étendue de la contamination et les effets réels sur la santé quand les produits impliqués sont combinés.

Dans un rayon de 3 à 5 km autour du site de l’usine, la contamination des nappes phréatiques par les déchets entreposés sur le site se poursuit. Plusieurs des produits toxiques utilisés pour la fabrication des pesticides (naphtol, naphtalène, chlorobenzène, mercure, plomb et Endosulfan, un pesticide interdit dans l’UE) sont mortels même à faible dose et tous provoquent la dégénérescence du système nerveux et des complications respiratoires et avaient commencé à filtrer bien avant la catastrophe. A la pollution de l’eau s’ajoutent les gaz libérés par l’explosion dont les effets se transmettent sur plusieurs générations.

Le site de l’usine n’a pas été décontaminé. Entre 4000 et 12000 tonnes de produits toxiques seraient encore dispersés dans le sol. Les négociations entreprises par le gouvernement indien pour le traitement d’une partie des déchets ont tourné court devant le danger représenté par le transport et la manipulation des substances sur d’aussi longues distances. Alors ils restent sur place.

Avec la vente de sa filiale indienne, Union Carbide a transféré la prise en compte des conséquences de la catastrophe sur l’Etat du Madhya Pradesh actuellement propriétaire du site y compris par l’obligation de fournir de l’eau potable aux populations les plus à risques. Quant à Dow Cheminal, une autre multinationale américaine qui a racheté Union Carbide, elle s’estime déchargée de toute responsabilité. Or, pour les ONG et les syndicats indiens, DOW Chemical est doublement responsable : l’explosion de l’usine et la pollution des nappes phréatiques. Pour seule réparation, DOW Chemical a participé à la création d’un centre de formation professionnelle à Bhopal. Et aujourd’hui, la multinationale appuie sa communication sur l’image d’une entreprise intègre, respectueuse des individus et qui protège la planète en ayant recours aux technologies et à la science.

Aujourd’hui, la population subit les suites non seulement de la catastrophe mais aussi des manquements graves à la sécurité qui ont précédé ainsi que l’insuffisante prise en compte de ses conséquences ainsi que les menaces que fait peser la politique du gouvernement Mody d’assouplissement des règles en matière de protection de l’environnement

La CGT soutient la lutte syndicale pour l’indemnisation des victimes et la décontamination du site. Elle exige à leur côté que tous ceux qui sont impliqués, gouvernements de l’Inde et des Etats-Unis et l’entreprise multinationale Dow Chemical assument leurs responsabilités.



Article mis en ligne le 2 décembre 2014 par Laurent

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