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Responsabilité Sociale des Entreprises :l es syndicats mettent le devoir de vigilance des multinationales au menu du prochain sommet du G7

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Responsabilité Sociale des Entreprises :l es syndicats mettent le devoir de vigilance des multinationales au menu du prochain sommet du G7



Lundi 23 mars 2015, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a participé, à Berlin, à une conférence organisée par le DGB (confédération des syndicats allemands) et la Confédération syndicale internationale (CSI) pour mettre en avant les attentes des syndicats vis-à-vis des gouvernements du G7. Le gouvernement de l’Allemagne, pays hôte du prochain sommet qui se tiendra les 7 et 8 juin prochains, s’était dit prêt à porter le besoin de régulation des responsabilités entre maisons mères et leurs filières.

Philippe Martinez, aux côtés de Reiner Hoffmann, président du DGB, de Hassan Yussuff, président du Congrès du travail du Canada (CLC), et de Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI, a souligné, en présence de la chancelière allemande Angela Merkel, que la question de la mise en œuvre de ces responsabilités était au cœur de cette mécanique. "Ce dont nous avons besoin, c’est un cadre légal contraignant. Nos pays, qui hébergent le plus grand nombre de sièges de firmes multinationales, portent une part importante de ce dispositif", a ainsi rappelé le secrétaire général de la CGT.

Faisant référence au débat actuel à l’Assemblée nationale où une proposition de loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères sera examinée en 1re lecture le 30 mars prochain, Philippe Martinez a insisté sur le fait que "l’accès à la justice est primordial". Les accords et engagements au niveau international reposent systématiquement sur cette pierre angulaire. Sans cet accès aux tribunaux nationaux, ces textes resteraient lettre morte.

Cependant, en France, l’opposition farouche du Medef avait, l’automne dernier, fait tomber une première initiative devant l’Assemblée nationale, le patronat refusant catégoriquement d’être tenu responsable pour les dégâts que ses stratégies d’externalisation créent notamment dans les pays les plus pauvres du monde.

Philippe Martinez a par ailleurs expliqué l’importance que revêtent la conditionnalité des aides publiques, et l’application aux marchés publics d’une surveillance stricte de l’observation des normes sociales. "Sans ces deux engagements de l’État, les gouvernements se rendraient complices de violations des droits fondamentaux des travailleurs", a-t-il affirmé.

Il a conclu en rappelant que la montée du nombre de travailleurs détachés était l’autre aspect de cette nouvelle pratique de l’organisation de la production au niveau international : "Abusés par leur méconnaissance des lois et conventions en vigueur, ces salariés sont exploités à merci dans nos pays qui doivent, pourtant, leur offrir des garanties de respect de leurs droits."

Les syndicalistes réunis à Berlin se sont engagés à suivre étroitement la préparation du G7 et à surveiller de près ses résultats. En attendant, c’est au gouvernement français, pays membre du G7, d’assumer ses engagements et de faire aboutir la proposition de loi sur le devoir de vigilance des multinationales qui offre des garanties significatives, et de soutenir l’effort engagé par les organisations de salariés dans le cadre de la préparation du sommet du G7.

La CGT restera vigilante à cet égard, et ne manquera d’ailleurs pas de le rappeler, ce mercredi 25 mars 2015, dans le cadre de la conférence de presse à laquelle elle participera, à Paris, aux côtés de la CFE-CGC, de la CFDT, de la CFTC et de plusieurs associations de défense des droits humains.



Article mis en ligne le 24 mars 2015 par Laurent

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