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Activités portuaires : "La colère des dockers est immense"

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Activités portuaires : "La colère des dockers est immense"


Lu dans l’Humanité du 13 janvier

Le secrétaire général de la CGT des ports et docks est interviewé par le journaliste Yves Housson sur les raisons de la colère des dockers qui étaient en grève le 12 janvier. Ils s’opposent à la remise en cause par le gouvernement d’un accord conclu après deux ans et demi de négociations avec le patronat sur la reconnaissance de la pénibilité.

Vous êtes secrétaire général de la CGT des ports et docks. Quel est l’enjeu du conflit qui redémarre ? :
- Tony Hautbois. Les métiers portuaires ont évolué avec la mécanisation, mais on a toujours des facteurs de pénibilité liés aux conditions climatiques, aux horaires décalés on travaille le jour, la nuit, le week-end , il y a la polyvalence On a des expertises faites par les CHSCT, validées par la médecine du travail, qui attestent que les travailleurs portuaires ont une espérance de vie diminuée de sept à huit ans. Nous demandons donc une réparation par des départs anticipés par rapport à l’âge légal de la retraite. Après deux ans et demi de négociations avec le patronat, nous sommes tombés d’accord, le 27 octobre dernier, sur une anticipation de quatre ans, qui bénéficierait à 5 000 à 6 000 travailleurs.

Cet accord, qui avait été "acté", dites-vous, par le cabinet de l’ancien ministre Borloo, le nouveau gouvernement refuse maintenant de le valider :
- Tony Hautbois. Il se dit prêt à accepter un dispositif de départ anticipé, mais à condition que peu de salariés en bénéficient (il ne concernerait plus que la moitié des effectifs initialement prévus, et pour une anticipation de deux ans, au lieu de quatre NDLR).

Comment expliquer ce revirement ? Par la crainte que vous donniez un mauvais exemple ? :
- Tony Hautbois. Tout à fait. Le gouvernement, qui, malgré la forte mobilisation qu’on a connue, a persisté à refuser une vraie retraite anticipée pour travaux pénibles dans la réforme des retraites, en la limitant aux seuls salariés ayant un taux d’incapacité reconnu par la médecine du travail, voit resurgir le débat d’une façon totalement opposée à sa conception : comme une réparation pour ceux qui ont subi la pénibilité. Les partenaires sociaux s’étaient mis autour d’une table, chacun a su avancer d’un pas pour qu’on puisse conclure un accord, acté par les employeurs et le ministère, et deux mois après, on remet tout cela en cause ? C’est inacceptable. La colère des salariés est immense. D’autant que la CGT des ports et docks a toujours respecté ses engagements. Nous attendons du gouvernement qu’il donne mandat à l’organisation patronale UPF pour valider par écrit l’accord du 27 octobre. Sinon, on risque très vite de se retrouver dans un bras de fer qui dure.

Entretien réalisé par Yves Housson


Brève mise en ligne le 13 janvier 2011