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Délégation au Japon : la CGT au Japon pour la 12e Convention de JTUC - Rengo

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Délégation au Japon : la CGT au Japon pour la 12e Convention de JTUC - Rengo


3 octobre 2011 - Premiers contacts avec les dirigeants anciens et actuels de Rengo.

Les premiers invités étrangers arrivés étaient reçus ce soir par la direction actuelle et précédente de JTUC–Rengo (Confédération japonaise des syndicats–Rengo). Une trentaine d’organisations essentiellement d’Asie ont répondu à l’invitation et la plupart d’entre nous irons rencontrer les syndicats Rengo de la préfecture de Miyagi et des zones sinistrées à la suite de la Convention.

Avec plus de 6,5 millions d’adhérents, Rengo est la première organisation syndicale japonaise. Ses adhérents sont des salariés des grandes entreprises, du public, de ministères et de collectivités territoriales ayant des CDI.

Le projet de document d’orientation de la Convention appelle à l’organisation des travailleurs précaires pour améliorer leurs conditions de travail (travailleurs de la sous-traitance, en contrat à durée déterminée ou intérimaires en augmentation constante). Il s’agit aussi de faire œuvre pédagogique et de montrer que les conditions de salaires et d’emploi des travailleurs en CDI et précaires sont liées. La solidarité entre travailleurs qui se côtoyaient peu (es travailleurs de la sous-traitance, en CDD ou les intérimaires étaient dit " invisibles") est un des grands défis de Rengo.

Aujourd’hui, la précarité ne cesse de s’étendre au Japon touchant surtout les jeunes notamment ceux qui sont à la recherche d’un premier emploi, les femmes, les plus de 50 ans et, là encore les femmes en plus grand nombre, ainsi que les retraités. Une société d’inégalités qui continue de se développer avec des jeunes qui tardent à quitter le logement familial, à s’installer en couple et à avoir des enfants. La diminution de la population active sera une des premières préoccupations de la convention.

Le contraste est très fort entre les jeunes précaires très visibles dans le commerce et une société de l’hyper consommation. Les SDF sont de moins en moins une présence anecdotique. Dans des quartiers de grands magasins élégants et luxueux du centre ville comme Ginza ou Shinjuku, à plusieurs reprises, j’ai vu des SDF installés sur les trottoirs ou dans les coins des buildings ou des entrées de métro, avec des cartons pour se protéger.

Il y a deux ans les soupes populaires étaient réapparues dans les rues de Tokyo et le premier "bidonville" dans un parc de la ville se faisait discret.

Un des grands dépaysements est la propreté partout et la courtoisie dans un pays pourtant violent pour les travailleurs. Dans quelques jours, une conférence s’attaquera aux problèmes de karochi, (morts au travail et par excès de travail).

Dans le métro, aux heures de pointe, si on prend la peine de regarder attentivement les passagers, tous ne portent pas costumes et cravates et beaucoup ont aux pieds des chaussures qui ont connu des jours meilleurs.

Parfois, entre deux tours neuves ou très bien entretenues, des petits ateliers à ras de terre ou presque (mécanique automobile par exemple) dont les installations sont très éloignées des superbes robots de déplacement individuel urbain que Toyota montre à l’envie et sur circuit intérieur, dans son plus grand magasin d’exposition situé dans une zone gagnée sur la mer dans la Baie de Tokyo.

La déflation, la dette, le gel ou la baisse des salaires, les conditions de travail détériorées dans certains secteurs, l’énorme effort de reconstruction nécessaire, voilà le cadre dans lequel va se tenir la 12° Convention biennale de Rengo. Il faut y ajouter l’enfermement des politiques et des directions de grandes entreprises comme Tepco dans le silence voire le mensonge au sujet de l’accident et de la situation de la centrale nucléaire de Fukushima-Daishi et de la sécurité alimentaire.

La situation difficile du pays ne réussit pas à mettre à l’ordre du jour, sinon l’unité d’action syndicale, au moins de premiers contacts auxquels Rengo résiste fortement.

Vingt-deux heures, les grandes publicités se sont éteintes alors qu’avant la catastrophe nucléaire, elles restaient allumées et animées toute la nuit. Étrange nuit tokyoïte pour ceux qui ont connu la ville auparavant et grand saut dans un monde différent après la semaine vécue avec le Zenroren.

Mariannick Le Bris


Brève mise en ligne le 3 octobre 2011