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Fraude aux accidents de travail : la CGT Michelin, dénonce des pressions sur les salariés victimes

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Fraude aux accidents de travail : la CGT Michelin, dénonce des pressions sur les salariés victimes


On a appris mercredi 29 février que le parquet de Clermont-Ferrand a ouvert une enquête préliminaire sur une possible fraude à la Sécurité sociale de Michelin, accusé de ne pas déclarer des accidents du travail.

Les accidents du travail seraient systématiquement cachés afin d’éviter de payer les cotisations à ce titre, ce qui permettrait à l’entreprise d’économiser plusieurs centaines de millions d’€ par an, assure le syndicat CGT, à l’origine de la procédure fin 2011. Il a saisi l’inspection du travail qui a saisi la justice. François Roca, délégué syndical CGT chez Michelin et membre du comité d’entreprise Europe, confirme que "lorsqu’il y a un accident du travail, il y a des pressions terribles pour que le personnel ne s’arrête pas". Des accusations confortées par une lettre de décembre 2010 d’un inspecteur du travail. Celui-ci écrit qu’il ressort de son enquête dans l’usine Michelin de Bassens (Gironde), "que les salariés victimes d’accident du travail subissent des pressions de la part de leur encadrement de proximité en vue de les faire renoncer en partie ou en totalité à un arrêt de travail".

"Le directeur actuel a déclaré 0 accident du travail en 2010", assure Denis Plard, délégué CGT sur le site Michelin de Cholet (Maine-et-Loire). "On a énormément de plaies, de lombalgies, et cela n’apparait nulle part. Ils mettent la pression sur les salariés pour qu’ils ne prennent pas leurs arrêts de travail. Imaginez quand vous êtes en souffrance et que l’on vous oblige à revenir. C’est profondément choquant !". Des dizaines de cas auraient ainsi été passés sous silence ces dernières années.

Un salarié de maintenance de Michelin, qui s’est exprimé sur RMC sous couvert de l’anonymat par crainte de représailles de sa hiérarchie a raconté : "Une charge lourde m’est tombée sur le pied et je devais avoir 6 semaines d’arrêt de travail. Pendant ces 6 semaines, j’ai eu des coups de téléphone des membres de ma hiérarchie pour me faire revenir en poste aménagé. Ils voulaient que je sois dans les murs de Michelin pour qu’ils puissent dire "il n’est pas en arrêt de travail, il est entre nos murs". Je me sentais obligé de revenir. On m’a même fait culpabiliser en me disant que les primes de fin d’année de mes collègues allaient sauter à cause de mon arrêt".

Du coté de la direction on pousse des cris d’orfraie : "les accusations portées contre Michelin sont graves et fausses. Nous en sommes scandalisés", a réagi mercredi Frantz Bléhaut, directeur des ressources humaines de Michelin pour la France.

Hélas, on sait que Michelin n’est pas un cas isolé et que ce type de fraude qui spolie l’assurance maladie et prive les salariés de leurs droits est monnaie courante dans certains secteurs.


Brève mise en ligne le 2 mars 2012