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Thierry Lepaon dans l’Humanité du 18/12 : enfin la victoire pour les 5 de Roanne

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Thierry Lepaon dans l’Humanité du 18/12 : enfin la victoire pour les 5 de Roanne


Pour le secrétaire général de la CGT, la relaxe des cinq de Roanne est "une très bonne nouvelle". Pour autant, la bataille continue. La CGT revendique qu’aucun syndicaliste ne soit soumis à des tests ADN et réaffirme la nécessité d’une loi d’amnistie sociale. 3 Il aura fallu trois années de bataille aux 5 de Roanne, et aux syndicalistes et citoyens solidaires, pour obtenir justice.

Propos recueillis par Marion D’Allard, publiés dans l’Humanité du 18 décembre 2013

Hier, les cinq militants CGT de Roanne ont été relaxés par le tribunal correctionnel. Quelle est votre réaction ?
- Thierry Lepaon :
C’est une nouvelle comme on aimerait en avoir tous les jours. Nous avons raison, dans notre jargon syndical, de les appeler "les cinq de Roanne", car, s’ils sont organisés, c’est pour agir collectivement, et c’est précisément ce qui leur a été reproché. Pour autant, individuellement, ils ont été atteints dans leur dignité, traînés à quatre reprises devant les juridictions. Il en reste toujours quelque chose. Je le sais. J’ai eu la malchance de connaître ça dans ma vie militante. J’ai été accusé à tort d’avoir été violent contre un huissier. J’ai été relaxé quatre années plus tard. Mais les troubles accumulés, le regard que portent sur vous les autres, votre famille, vos amis, vos collègues de travail durant cette période n’est plus le même. Et le fait d’être relaxé ne lave pas ça. Lorsque j’ai eu les résultats du jugement, j’ai beaucoup pensé à eux. Je me suis dit que c’était certes une très bonne nouvelle, mais qu’il leur faudrait du temps et toute la force du collectif pour la savourer. La décision qui a été prise est la seule qui pouvait être rendue. On ne traite pas les femmes et les hommes qui se battent pour le progrès social comme des délinquants. C’est simplement impossible.

Quelles sont aujourd’hui les grandes batailles qu’il reste à mener pour le respect des libertés syndicales ?
- Thierry Lepaon
 : Il y a d’une part la lutte contre les violences policières. Et à ce propos, j’ai envoyé un petit mot à notre camarade Éric, du Sdis, à Grenoble, qui a été victime d’une attaque policière alors qu’il manifestait avec d’autres, pour ses conditions de vie et de travail. Tapé au sol, bousculé, tiré par les pieds, gazé à terre… Alors qu’il était seulement en train de défendre ses droits. Par ailleurs, il y a la bataille contre les répressions patronales. Je pense qu’il faut être plus exigeant au regard de la loi pour protéger les militants qui s’engagent, et plus dur avec les employeurs qui ne respectent pas les conditions de vie et de travail des salariés. Il faut d’urgence mettre un coup d’arrêt à tout cela.

"On ne traite pas les femmes et les hommes qui se battent pour le progrès social comme des délinquants."

Le jugement rendu à Roanne remet également sur le devant de la scène la nécessité d’une loi d’amnistie sociale…
- Thierry Lepaon :
Nous attendons deux choses. Tout d’abord, effectivement, une loi d’amnistie telle qu’on est en droit de l’exiger de la part de ce gouvernement qui nous la refuse encore aujourd’hui. Et, d’autre part, une loi sur la démocratie sociale pour que les militants puissent exercer leurs activités sans crainte de représailles, qu’elles soient patronales, policières ou judiciaires.

En matière de démocratie sociale, les élections prud’homales sont aujourd’hui menacées. Qu’est-ce que cela dit du climat actuel ?
- Thierry Lepaon :
Le gouvernement a peur de la démocratie. Voilà ce que cela signifie. La question est de savoir si les salariés vont encore pouvoir, comme les employeurs, élire les juges qui vont rendre la justice en leur nom. On nous dit qu’il y a des élections un peu partout et qu’en conséquence, on pourrait se passer des prud’homales. Pourtant, les enjeux sont de taille. Car s’il n’y a plus d’élections, il n’y a plus de campagnes, et donc plus de discussions avec les salariés. Les prud’hommes sont une juridiction atypique en Europe et, d’ailleurs, le gouvernement n’ose pas les contester. Alors, il en conteste le coût. La démocratie n’est plus une nécessité, un besoin, c’est donc devenu un coût. Comme le travail. C’est exactement la même logique doublée d’un déni de démocratie.

Qu’attendez-vous aujourd’hui du gouvernement ?
- Thierry Lepaon :
Nous attendons d’une part une loi pour que les syndicalistes ne soient pas soumis aux tests ADN. D’autre part, une loi d’amnistie. Et enfin, une redéfinition de la pratique démocratique sociale dans notre pays et, bien sûr, des moyens qu’on lui donne.


Brève mise en ligne le 18 décembre 2013